LOR'Aline

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mardi 11 novembre 2008

Ainsi soit-elle (Benoite GROULT)

Ainsi soit-elleJe n'avais pas envie d'écrire un roman.

Torturées, mutilées, meurtries, humiliées, méprisées telle est la longue histoire de l'oppression des femmes. Trente ans après ma première lecture, je constate que ce livre a pris quelques rides, mais hélas pas suffisamment à mon goût.
La situation des femmes a évolué. Elle a à la fois progressé et régressé.
Les propos agressifs, insidieux, ironiques ou cyniques tenus par certains hommes célèbres pour justifier la nécessaire soumission des femmes, prennent un tour particulièrement comique tant ils paraissent aujourd'hui, décalés, d'un autre siècle les rendant par là ridicules. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés sur la place des femmes, (ne parle t-on pas aujourd'hui du plafond de verre?) l'indispensable féminité qui doit émaner d'elles et les qualités de mère et d'épouse qu'elles doivent prouver n'existent plus, mais ils sont moins répandus. Il y a de plus en plus de femmes qui ont à cœur de réaliser et mener à bien leur vie, leurs propres désirs en toute liberté, indépendance et autonomie, et le font naturellement. Il y a de moins en moins d'hommes qui souhaitent partager la vie d'une femme limitée aux seules fonctions de mère et d'épouse, de "soit belle et tais-toi". Beaucoup ont compris que l'on partage mieux et plus lorsqu'enfin, on reconnaît l'autre pour ce qu'il est: un être humain, ni supérieur, ni inférieur et pour ce qu'elle est: un être humain, ni inférieur, ni supérieur.
Voilà pour les progrès, ils se sont produits comme un envahissement progressif dans les esprits des femmes et des hommes.Mais c'est une vision très partielle de ces progrès, très européenne, je ne suis pas sûre que ce soit le cas dans d'autres pays dans le monde.
Et même autour de moi, je constate une régression pour d'autres femmes avec un regain du religieux dans la vie publique (Cf "Un voile sur la république")

A lire et a relire.

mercredi 5 novembre 2008

Comment se laver les dents

Elle regagne son bureau très énervée et les lèvres pincées elle dit :
- féfunfofèfeféfèfuféfen
Elle avait oublié son dentier sur le plateau de la cantine.
-T'as plus qu'à aller le récupérer à la plonge!
dentier1

mercredi 29 octobre 2008

L'Oracle della luna (Frédéric LENOIR)

L'Oracle della lunaLa peur se lisait sur le visage des villageois.

On trouve dans ce roman tous les ingrédients nécessaires à une bonne histoire. De l'amour, de la culture, des lieux mythiques, des aventures, des questions théologiques avec les querelles internes ou externes, des approches philosophiques, des détails abondants sur l'astrologie, un bain dans ce 16ème siècle de la Renaissance. Sur le fond, ce roman est intéressant. Donc, amateur du genre ne vous privez pas.
Cependant, personnellement, j'ai trouvé la construction un peu laborieuse et je ne me suis pas sentie embarquée. Ces aventures sont narrées par petits chapitres façon planche de BD voire de romans photos, entrecoupés de passages plus longs, assénés façon cours magistral. Étant peu versée dans la religion et l'astrologie, les explications, les points de vue presque prosélytes m'ont quelque peu dérangée. D'autre part, l'auteur abuse d'expressions telles que : "Il écoutait ses paroles qui faisaient écho à ses propres sentiments." ou "Bouleversé, par ces paroles, il se mit à pleurer".
Ce roman manque de rythme et se révèle trop sirupeux à mon goût.

mardi 21 octobre 2008

Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux (Kate ATKINSON)

les choses s'arrangentIl était perdu.

Protagoniste, témoins d'un accident de la circulation vont se retrouver pris dans un engrenage.
Amateur de suspense et d'action s'abstenir.
On pénètre dans l'univers des protagonistes et témoins d'un accident de la circulation comme on pose sa tête sur un oreiller moelleux. On progresse mollement dans une histoire dispersée qui pique notre curiosité par les indices subtils parsemés au gré du récit. Ces indices créent les liens entre les différents personnages pour nous guider vers le nœud de l'intrigue et de sa résolution. La vie de chacun est d'une banale tristesse et en même temps leurs pensées sont pleines d'ironie.
Kate Atkinson sait trouver les mots et les expressions qui donnent aux situations un côté humoristique en jouant sur l'opposition de la banalité et de la causticité. Cette même opposition que l'on retrouve dans le titre, constitue l'originalité de ce roman, et donne envie de suivre l'auteur avec un nouveau roman.
Humour "british", of course, très "pince-sans-rire", j'ai adoré.

lundi 13 octobre 2008

La route (Cormac McCARTHY)

La_route.jpgQuand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté.

C’est le monde d’après, d’après l’ultime connerie humaine.
Tout est gris, ces deux êtres, l’homme et le petit, avancent sur la route avec leur caddie de supermarché, dans le seul but de survivre un jour de plus. Un univers déshumanisé qui me rappelle le Primo Levi ‘Si c’était un homme‘, où il n’y a ni espoir, ni désespoir. Mais uniquement un rythme quotidien lancinant: chercher à manger, s’abriter de la pluie, se réchauffer, boire, se réchauffer , ne pas être vus.
Et comme il n'a pas la force de la réalité historique, seule la petite voix de l’enfant qui dit: ’Non, je t’en prie’ introduit la note de conscience qui empêche le livre de basculer dans l'artifice d'un jeu vidéo.
Alors on prend la main de ce petit et on ne la lâche plus, jusqu’à la dernière ligne.

dimanche 5 octobre 2008

MaZilla se lève du pied gauche

Quand MaZilla voulût mettre son navigateur à résonance magnétique en marche elle se retrouva immédiatement bloquée par la signalisation, le feu restait obstinément figé sur le noir.
Il y eut une rupture de communication entre les synapses. Et toutes les informations reçues: poser le pied par terre, descendre les escaliers, aller dans la cuisine, faire le café, avaler le café, remonter les escaliers, se doucher, choisir sa tenue, s'habiller, restèrent bloquées sans pouvoir accéder aux neurones de la réalisation des choses à faire.
Lorsqu'enfin le feu passa au rouge pour alerter sur la nécessité et l'urgence de passer à l'action, l'encombrement était tel qu'il y eut une bousculade. Ce fut à qui passerait le premier.
Avec son arôme le café se faufila au premier rang, cela aurait pu être sympathique s'il n'avait pas été bousculé par la séance d'habillage qui voulait à toute fin doubler la douche laquelle se trouvait prise par un chassé croisé dans l'escalier, alors que le choix de la tenue restait indécis devant l'armoire et se faisait harceler par le pied gauche qui se posait au bas du lit.

Il y a des matins comme ça !

dimanche 28 septembre 2008

Les hauts murs (Auguste Le BRETON)

les hauts murs Aux pupilles de l'État, la Nation reconnaissante.
D'orphelinat en pension ou maison de correction, la vie de ses enfants sans amour, sous l'autorité arbitraire, la bêtise et la méchanceté des adultes. Des enfants qui n'ont d'enfance que leur âge. Un huis clos, on ignore tout de ce qu'il se passe dans la vie en dehors de cet établissement carcéral. Les hauts murs provoquent des hauts le cœur à en vomir. Des méthodes d'éducation d'un autre siècle.Ce roman est désormais un récit qui relève de l'histoire, comme Jacquou le croquant. Il a perdu de sa "contemporainité".
Reste l'indignation, la rage, la révolte des enfants et du lecteur jusqu'à l'écœurement.

lundi 22 septembre 2008

Itinéraire d'un salaud ordinaire (Didier DAENINCKS)

itinéraire d'un salaud ordinaire Les paulownias en fleur et le Restaurant des Intellectuels, c'est ce qui lui était venu en tête quand il s'était laissé aller aux nostalgies alors qu'on débouchait le champagne.

1942, Clément, diplôme de droit en poche rentre dans la police et sa vie jalonne les dossiers noirs de la police française durant quarante ans.
Dans son style habituel, efficace et sobre mais avec un pouvoir d'évocation des images, des ambiances et des décors plantés en trois phrases, Didier DAENINCKS nous décrit banalement la banalité consternante de la vie de ce flic qui finalement n'aura pas eu un comportement ordinaire. C'est ce paradoxe qui nous interpelle.

samedi 13 septembre 2008

Le Montespan (Jean TEULE)

Le MontespanLe samedi 20 janvier 1663, vers onze heures du soir, au sortir du Palais-Royal où Monsieur -le frère du roi- donne un grand bal, deux jeunes hommes, suivis par six autres, déboulent dans la rue

Le Montespan c'est le mari de La. Au début du récit,quelque chose dans la psychologie des personnages ne colle pas. Peut-on être à la fois naïf et avoir grand train de vie et soif d'argent? Ces deux êtres qui sont encore époux ne suscitent pas ma sympathie. Mais peut être est-ce le résultat de la vision de nos livres d'histoire.

Et pourtant, on finit par admirer ce mari cornaqué par le roi. On l'admire pour sa colère audacieuse, sa dignité bruyante qui est d'autant plus méritoire que l'époque est plutôt à la servilité envers Louis XIV. Et il faut bien l'avouer une finesse d'esprit dans les actions qu'il mène pour affirmer sa révolte.

Un livre agréable, la petite histoire dans l'Histoire.

vendredi 5 septembre 2008

Il est à toi le tromé?

Il y a du monde dans la rame, comme tous les soirs à la même heure. Aux places habituellement réservées aux invalides de guerre, aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes accompagnées d’enfant, deux enfants non accompagnés sont en train de tester leurs feutres et leur signature sur les dossiers du métro.
Je sens bien qu’autour de moi, on ne dit rien, mais on n’en pense pas moins.
Enveloppée dans la dignité que me confère mes cinquante piges j’ose prononcer :
- Et alors ? Pourquoi, écris-tu sur les sièges ? (N'est-ce pas poliment dit ?)
- Parce que ….me répond-il. Eh, eh, regarde, putain j’arrive pas à faire ce tag, je vais changer de couleur, dit-il à celui qui doit être son pote.
- Ce n’est pas très propre, insistai-je. (C'est carrément degueu, oui !)
- Orf, pô grave
- Et tu aimerais qu’on vienne chez toi écrire sur les murs de ta chambre ? (Et si je viens passer un coup de bombe sur les murs de ta carré, ça va te plaire?)
- Non, et alors, il est à toi le tromé ?
Il venait enfin de lever la tête et me regardait avec un air d’incompréhension qui semble dire mais qu’est-ce qu’elle a la vieille, c’est même pas ma mèèèère
Je me pince les lèvres pour éviter le jaillissement d’un « PETIT CON » qui se transforme en:
- Oui, mais pas que…

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