LOR'Aline

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 20 février 2010

Sans patrie ni frontières (Jan VALTIN)

« Je suis né en Allemagne. »

Première moitié du XXème siècle, un militant révolutionnaire, communiste, aventurier, espion, voilà ce que fut Jan VALTIN. Une vie riche en évènements historiques, témoin des grands moments de l'histoire et acteur parmi les hommes de l'ombre. Il va animer des grèves, fomenter des révoltes, participer à des complots, vivre dans la clandestinité, subir la torture.

Cette autobiographie se lit comme un roman d'aventure et d'espionnage, comme un thriller. Époustouflant pour tous ceux qui s'intéressent à cette période de l'histoire.

Je l'ai lu il y plus de vingt ans et j'en garde un souvenir précis. Inoubliable.

dimanche 20 décembre 2009

Mon évasion (Benoite GROULT)

C'est un livre de jouvence.

Évidemment que le thème est celui du combat des femmes pour leur dignité et l'égalité des droits. Elle y retrace à travers sa propre expérience, le conformisme social qui était le sien avant cette prise de conscience qui l'a menée à son émancipation. Il ne s'agit pas seulement de soulever un joug extérieur mais aussi, et c'est cela le plus difficile, de s'émanciper de ses propres comportements, de ses visions conformistes de l'ordre social quand tout autour de vous vous y renvoie.

Je voudrais attirer l'attention sur le passage concernant la féminisation des noms de métiers.

Cela paraît futile et pourtant il concerne au delà des métiers, tout le vocabulaire utilisé quotidiennement et qui véhicule l'image, le statut , le rôle des femmes dans la société.

L'émission Arrêt sur images,dans un article du 9 octobre 2008 de Anne-Sophie Jacques,

propose une petite expérience avec les mots « expert» et « experte », c'est édifiant. On voit bien qu'il y a encore à dire et à redire et hélas le sujet n'est pas encore tombé en désuétude.

samedi 31 janvier 2009

Où on va, papa? (Jean-Louis FOURNIER)

Oserai-je dire quoique ce soit sur ce livre? Une série de textes courts, de petits épisodes de la vie diffusés comme un jet paralysant, que l'on ressent comme autant de pointes d'aiguilles qui viennent se planter dans votre corps. Et où l'on apprend que l'enfant est un autre, une personne différente. Jean-Louis FOURNIER l'a su avant tout le monde.

En voici la quatrième de couverture:

« Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi? J'avais honte? Peur qu'on me plaigne?

Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible:  « Qu'est-ce qu'ils font? »

Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.

Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.

Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait: rien.

Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans de grosses voitures américaines. »

Prix femina 2008

vendredi 12 décembre 2008

Les années (Annie ERNAUX)

"Toutes les images disparaîtront."

En quatrième de couverture on trouve ce propos:  « elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective ». C'est exactement cela. Bien qu'un peu plus jeune que l'auteur, je retrouve les choses, les expressions, les mots, les préjugés, les jugements, les envies, les projets, les on dit, les qu'en dira t-on, les ambiances, les lumières, les couleurs, les sons, les hontes, les devoirs, les révoltes, ... de ce que j'ai moi-même vécu. On pourrait presque s'approprier ce texte pour en dresser sa propre biographie.

Annie Ernaux nous entraîne dans une spirale de photos, d'images qui nous reviennent comme le film de notre vie, du temps qui est passé. Non pas de notre vie personnelle, qui se pense en un « je » unique, mais de celle que nous avons vécue au côté des autres comme autant de « je » semblables qui forment les « nous » de la famille, des camarades de classes, des amis, des collègues, dans les évènements qui se déroulent avec ou sans nous et qui feront l'objet ou pas de l'histoire de notre époque. On est pris dans ce tourbillon du temps. C'est un album photo de mots.

Elle y retrace cette trajectoire personnelle dans ce qu'elle a d'intemporel et de contemporain.

On retrouve les sentiments et le regard sur l'extérieur en fonction de son âge, comme une respiration au rythme du temps qui passe. Le premier souffle, celui de l'insouciance de l'enfance. Après l'attente dans laquelle on piaffe d'impatience à l'adolescence, la grande inspiration et l'ouverture dans l'espoir et l'envie des grandes choses, la conquête de l'avenir au tout début de sa vie de jeune adulte. Vient ensuite une expiration en forme de repli, pour se recentrer sur la préoccupation d'insuffler la vie, de faire grandir les corps et les coeurs, de transmettre des valeurs. Une nouvelle inspiration lorsque notre regard se détache de ce qui a fait notre quotidien que l'on n'a même pas vu passer, inspiration qui donne le sentiment de pouvoir rejouer, pour compléter ou rectifier la première donne. Et enfin une expiration lente, retenue jusque vers la fin de vie.

L'inscription dans le siècle est mise en évidence par l'appropriation des choses, les actions rendues possibles par l'évolution des moeurs, les idées, les luttes ou les abandons subordonnés aux événements qui se déroulent sous nos yeux, près de chez nous ou à l'autre bout du monde.

La forme un peu déroutante mais originale présente les faits et les événements toujours à l'imparfait, on avance à reculons. Cela donne au début un côté nostalgique, mais à l'approche de la fin de ce livre qui a traversé 65 ans de son existence, cela prend une tonalité un peu désespérante, car il n'y a plus d'avenir à bâtir, juste un présent que l'on veut essayer de conserver au mieux.

J'ai beaucoup apprécié ce livre, il n'est pas seulement destiné aux personnes de la même génération que l'auteur, si vous souhaitez connaître un peu de votre mère en tant que femme, prenez le temps de le lire, vous y apprendrez des choses sur elle et peut être sur vous également.

mardi 2 septembre 2008

Chagrin d'école (Daniel PENNAC)

Chagrin d'école Commençons par l'épilogue: Maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu'elle connaît bien.

Daniel PENNAC nous fait partager ses moments de vie à l'école en tant qu'élève et en tant que professeur.
J'y arriverai pas, telle est la complainte de l'élève malheureux, alors laissez vous surprendre par ce «Y» que l'auteur tend comme un verre vide qu’il remplit d’un flot de questions et de sens. Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse les mots, les phrases qui vous entraînent dans un cours de grammaire comme vous n’en avez jamais vécu.
Un livre à mettre entre toutes les mains, à ouvrir sous tous les yeux: parents, élèves, profs, anciens élèves et futurs profs. Et pour les futurs enseignants, indispensable surtout s'ils ont été bons élèves.

Pour la petite histoire: ce livre a obtenu le prix Renaudot alors qu'il ne figurait pas dans la sélection.