Avez-vous déjà essayé de faire un
scoubidou rond? Et bien ce roman est construit comme un entrelacs de trois fils
qui se croisent et se trament, contribuant à la construction d'un objet qui
paraît monolithe mais qui laisse deviner ces différentes composantes.
Trois époques où la civilisation chancelle, où les repères deviennent flous, les amarres se rompent, brisées par la peur que suscite l'horreur des invasions barbares qui précipite la chute de l'empire romain (475), de l'épidémie de peste qui décime les populations (1350) et de la deuxième guerre mondiale qui assassine, tue, torture (1940).
Comment ne pas faire le lien entre la peste noire et la peste brune ?
Trois personnages: Julien, Olivier et Manlius, chacun cherchant la pensée, l'essence du précédent.
Comment chacun s'inscrit-il dans son époque? L'auteur nous présente d'une part les réactions des organismes étatiques face à la déliquescence de la civilisation et d'autre part les actions et réactions des individus. Au delà de la description historique, l'auteur nous interroge sur la compromission : jusqu'où le compromis reste honorable? à partir de quand bascule t-il dans la collaboration et ensuite dans la complicité? Il interroge également sur les modes de déterminations et les circonstances des choix que l'on peut faire.
Il nous interpelle également sur le sacrifice de quelques uns qui justifierait la sécurité du plus grand nombre. Mais poser la question en ces termes, n'est-ce pas un leurre?
L'humanité toute entière n'est-elle pas atteinte par l'humiliation et la négation de quelques-uns?
Je vous laisse découvrir comment chacun agit, s'interroge et finalement découvre ses erreurs.
Ces interrogations ne sont qu'un aspect, c'est aussi un roman de la vie dans toutes ses composantes:
amour, actions, réflexions.
Original, intéressant et finalement on se laisse absorber par la trame de ce roman.