LOR'Aline

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mercredi 19 novembre 2008

Le musée de l'homme (David ABIKER)

Le_musee_de_l_homme.jpgComme Archimède qui découvrit la célèbre poussée dans son bain ou Isaac Newton qui comprit les lois de la gravité en prenant une pomme sur la poire, j'ai eu l'intuition que j'allais disparaître à la suite d'un événement apparemment anodin.

Pas facile de qualifier ce livre, une fois que l'on a dit qu'il était désopilant. Drôle, oui, mais un humour qui invite à la réflexion. Au fur et à mesure que ce père de famille investit les rôles jusque là attribués aux femmes, épouses, mères, on voit bien qu'il y a des avantages acquis qui se perdent. Un montage du récit qui met en négatif la situation des uns et des unes et les rend parfaitement réversibles. On ne sait pas si l'humour réside dans la situation d'appropriation par l'homme du rôle habituellement attribué à la femme, de sa maladresse dans ce rôle ou de la découverte de ce qu'il aurait préféré ignorer s'il en avait connu les conséquences.
Lu après « Ainsi soit-elle» de Benoîte GROULT, j'en apprécie tout le chemin parcouru par les hommes pour atteindre enfin l'égalité .

mardi 11 novembre 2008

Ainsi soit-elle (Benoite GROULT)

Ainsi soit-elleJe n'avais pas envie d'écrire un roman.

Torturées, mutilées, meurtries, humiliées, méprisées telle est la longue histoire de l'oppression des femmes. Trente ans après ma première lecture, je constate que ce livre a pris quelques rides, mais hélas pas suffisamment à mon goût.
La situation des femmes a évolué. Elle a à la fois progressé et régressé.
Les propos agressifs, insidieux, ironiques ou cyniques tenus par certains hommes célèbres pour justifier la nécessaire soumission des femmes, prennent un tour particulièrement comique tant ils paraissent aujourd'hui, décalés, d'un autre siècle les rendant par là ridicules. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés sur la place des femmes, (ne parle t-on pas aujourd'hui du plafond de verre?) l'indispensable féminité qui doit émaner d'elles et les qualités de mère et d'épouse qu'elles doivent prouver n'existent plus, mais ils sont moins répandus. Il y a de plus en plus de femmes qui ont à cœur de réaliser et mener à bien leur vie, leurs propres désirs en toute liberté, indépendance et autonomie, et le font naturellement. Il y a de moins en moins d'hommes qui souhaitent partager la vie d'une femme limitée aux seules fonctions de mère et d'épouse, de "soit belle et tais-toi". Beaucoup ont compris que l'on partage mieux et plus lorsqu'enfin, on reconnaît l'autre pour ce qu'il est: un être humain, ni supérieur, ni inférieur et pour ce qu'elle est: un être humain, ni inférieur, ni supérieur.
Voilà pour les progrès, ils se sont produits comme un envahissement progressif dans les esprits des femmes et des hommes.Mais c'est une vision très partielle de ces progrès, très européenne, je ne suis pas sûre que ce soit le cas dans d'autres pays dans le monde.
Et même autour de moi, je constate une régression pour d'autres femmes avec un regain du religieux dans la vie publique (Cf "Un voile sur la république")

A lire et a relire.

dimanche 29 juin 2008

Un voile sur la république (Michèle VIANES)

un voile sur la république Depuis trois mille ans, les hommes de pouvoir ont utilisé la crédulité pour asseoir leur puissance, pour construire des hiérarchies, en particulier celle qui leur a permis de dominer les femmes.

Cinq ans après la loi sur le voile qui a agité la société française, je lis ce livre qui a été écrit dans le feu des discussions et polémiques de cette fin d'année 2003.
Un rappel historique du voilement de la femme mais également de sa longue oppression. Lorsque le port du voile est subi, il est naturellement révoltant mais peut-il être un attribut contestataire? Paradoxe d'une contestation qui conduit à la régression du statut des femmes au sein de la société. Si aujourd'hui, le débat semble apaisé, en tout cas incontesté au niveau de l'école et des administrations en France, n'oublions pas les autres pays où les intégristes de toutes religions poursuivent leur entreprise d'asservissement.
Je ne peux m'empêcher de m'offusquer, de « pester », de me sentir atteinte dans ma dignité de femme lorsque je croise de plus en plus de femmes voilées. Ce livre reste donc d'actualité.

A retenir: "Mais, là où il y a oppression des femmes il n'y a pas de liberté pour les hommes" (citation modifiée ,p25) " Être sans corps, ou corps sans être, telle est la question?"(p 94)