LOR'Aline

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 20 octobre 2009

Les déferlantes (Claudie GALLAY)

Roman intimiste.

Longue, longue introduction du thème du roman, au début on pense qu'elle plante le décor par cette sorte de zapping d'un personnage à l'autre. Le style d'écriture s'y conforme, phrases courtes, chapitres courts. Une description minutieuse de petits détails, des faits et gestes de chacun, que l'on n'arrive pas à placer dans un cadre général, a quelque chose d'un peu désespérant, exaspérant.

Lorsqu'on découvre le coeur du roman, la bascule de la situation personnelle de la narratrice, personnage central du roman on s'aperçoit que ce zapping révèle son état d'esprit, que c'est une astuce, un dérivatif pour oublier, ne pas penser, ne pas se laisser ronger. Mais est-ce le coeur du roman? Dès qu'on croit l'avoir saisi, elle nous lance sur une autre piste, d'autres vies, vies abîmées.

Ensuite on la suit plus facilement et à peine a-t'on pris possession des personnages, a-t'on compris la mécanique de description de cette situation en "ni-ni", ni bonheur ni malheur, que c'est déjà fini.

Je ne connais pas La Hague, mais on peut se laisser séduire et sûrement trouver une ambiance particulière à ce lieu qui répond et renforce les sentiments des personnages.

lundi 21 septembre 2009

Désolée pour mes quelques lecteurs

Beaucoup de travail en ce moment et donc du retard dans mes petites chroniques. Je vous adresse un petit aperçu de mes dernières lectures.

Les déferlantes de Claudie GALLAY. roman intimiste

Le testament syriaque de Barouk SALAME. thriller théologique

Un homme très recherche de John LE CARRE. espionnage

Tableau noir de Iannis RODER. sociologie de l'école

La conjuration des imbéciles John Kennedy TOOLE. humour

A bientôt.

mercredi 2 septembre 2009

Les Profs (Pica et Erroc)

Vous les reconnaîtrez, ceux que vous aimez, ceux que vous détestez, les jeunes et les vieux, les beaux et les laids, les passionnés, les je m'en-foutiste, les caractériels, les gentils, les allumés. Vous en avez forcément rencontrés.

Je vous chuchote à l'oreille, d'après quelqu'un de l'intérieur, que c'est plutôt bien vu, bien observé.

En tous cas, chez nous, le parent, l'élève et le prof, tout le monde apprécie.

Pour bien démarrer l'année (scolaire, bien sûr), ne vous privez pas!

Une série pleine d'humour sur le métiers d'enseignant  et plus généralement sur l'univers du lycée.

Les premiers numéros sont plus drôles et  plus pertinents, à mon goût.

lundi 24 août 2009

Le Cid (Corneille)

Je ne vous parlerai pas de l'histoire que tout le monde connaît sous sa plus simple expression:
« Ah, qu'il est beau l'assassin de papa! ».


Mais quel est donc ce phénomène peu banal

Qui nous permet maintenant de trouver plaisant

Ce qu'autrefois l'exigence professorale

Réussissait à nous rendre plus que chiant.

Voici quelques citations célèbres de cette pièce de théâtre. Dans quel ordre apparaissent-elles dans le récit et qui les prononce?

a- « Mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années »

b- «  O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!

N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? »

c- « Va, je ne te hais point »

d- « Sous moi donc, cette troupe s'avance

Et porte sur le front une mâle assurance.

Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port »

e- « A moi, comte deux mots »

f- « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »

g- « Rodrigue as-tu du cœur? »

Rappel des personnages principaux:

Chimène et Rodrigue: les amoureux,

Don Gomès: comte de Gormas, père de Chimène

Don Diègue: père de Rodrigue

Don Fernand: roi de Castille

Doña Urraque: l'infante de Castille

Lisez ou relisez cette pièce de théâtre et trouvez- y un nouveau plaisir

mercredi 15 juillet 2009

Le songe de Scipion (Iain PEARS)

Avez-vous déjà essayé de faire un scoubidou rond? Et bien ce roman est construit comme un entrelacs de trois fils qui se croisent et se trament, contribuant à la construction d'un objet qui paraît monolithe mais qui laisse deviner ces différentes composantes.

Trois époques où la civilisation chancelle, où les repères deviennent flous, les amarres se rompent, brisées par la peur que suscite l'horreur des invasions barbares qui précipite la chute de l'empire romain (475), de l'épidémie de peste qui décime les populations (1350) et de la deuxième guerre mondiale qui assassine, tue, torture (1940).

Comment ne pas faire le lien entre la peste noire et la peste brune ?

Trois personnages: Julien, Olivier et Manlius, chacun cherchant la pensée, l'essence du précédent.

Comment chacun s'inscrit-il dans son époque? L'auteur nous présente d'une part les réactions des organismes étatiques face à la déliquescence de la civilisation et d'autre part les actions et réactions des individus. Au delà de la description historique, l'auteur nous interroge sur la compromission : jusqu'où le compromis reste honorable? à partir de quand bascule t-il dans la collaboration et ensuite dans la complicité? Il interroge également sur les modes de déterminations et les circonstances des choix que l'on peut faire.

Il nous interpelle également sur le sacrifice de quelques uns qui justifierait la sécurité du plus grand nombre. Mais poser la question en ces termes, n'est-ce pas un leurre?

L'humanité toute entière n'est-elle pas atteinte par l'humiliation et la négation de quelques-uns?

Je vous laisse découvrir comment chacun agit, s'interroge et finalement découvre ses erreurs.

Ces interrogations ne sont qu'un aspect, c'est aussi un roman de la vie dans toutes ses composantes:

amour, actions, réflexions.

Original, intéressant et finalement on se laisse absorber par la trame de ce roman.

jeudi 25 juin 2009

A quand les bonnes nouvelles? (Kate ATKINSON)

« La chaleur qui s'élevait du macadam semblait emprisonnée par les hautes haies qui les dominaient comme des remparts. »

Comme à son habitude, Kate ATKINSON nous présente une série de « gueules cassées » par des crimes sordides.

Son humour parvient à les reconstruire en leur donnant un air à peine « fêlées ».

Un déraillement de train et elle nous jette dans le chaos qui s'en suit.

Elle prend, un malin plaisir à nous suborner en entretenant sans cesse la confusion: le couple Hunter est toujours nommé par Mr Hunter et le Dr Hunter, la nounou est une enfant ou l'enfant est une nounou, elle introduit une substitution de policier et de criminel, elle mélange les sentiments non avoués et présente un chassé-croisé de mariages regrettés.

Je vous laisse au plaisir de découvrir et détricoter tous les fils de cette nouvelle histoire.

lundi 15 juin 2009

Globalia (Jean-Christophe RUFFIN)

« Il était six heures moins cinq quand Kate arriva à la nouvelle salle de trekking. »

L'imagination a pour racine la réalité.

L'auteur nous entraîne avec humour et une logique implacable vers la société de demain. Le formatage de la pensée, la bibliothèque des comportements, tout est répertorié, tout est sous contrôle, même la contestation. Tout?

Vous plongerez dans ce roman et y nagerez comme un poisson dans l'eau parce que vous vous y reconnaîtrez et y trouverez votre place. On sourit, « jaune » quelquefois.

Une occasion de s'interroger sur nos propres comportements, mais on est finalement assez content de s'évader de ce monde là, de sortir de la bulle, de remonter à la surface en retrouvant la réalité avec le désir de modifier l'avenir et le destin que l'auteur nous a décrit.

vendredi 5 juin 2009

Quand la vie des autres déborde ...

J’étais déjà assise quand il est monté dans le train. Plongée dans mon bouquin, petit à petit je suis prise dans le volume sonore de sa conversation qui allait crescendo. Sans vouloir écouter, ni comprendre ce qu’il dit, je sens bien qu’il en a après sa femme, qu’elle se lamente et qu’il est de plus en plus énervé, soudain:

« - de toute façon, c’est de TA faute si notre fils est un PEDE »   huuuuuuuuuuuuuuuurrrle t-il en raccrochant

Putain de vie de famille !

lundi 25 mai 2009

Cannibale (Didier DAENINCKS)

L'exposition coloniale de 1931 à Paris au 20ème siècle !

20ème siècle? Est-ce bien sûr? Non? Oui? Non? Ne serait-ce pas plutôt la même époque que la controverse de Valladolid?

Ont-ils une âme? Sont-ils des hommes? N'est-ce pas la même question?

Je vous laisse découvrir un fait historique cons--ter--nant que Didier DAENINCKS nous révèle dans un récit concis et ciselé.

mardi 12 mai 2009

Cadfael (Ellis PETERS)

Original, un moine enquête: frère Cadfael.

Un personnage atypique dans le monde fermé du monastère.Il prend bien des libertés avec la règle de Saint Benoît, mais sa connaissance du monde -il a été croisé et n'a rejoint les ordres qu'à un âge avancé- et la nécessité d'enquêter l'y autorise et non sans malice, l'y contraint.

Ces récits se déroulent au Pays de Galles, avec pour toile de fond la guerre civile de 1135 à 1154 qui oppose Etienne de Blois et Mathilde l'Emperesse.

Vous vivrez au rythme de la vie monastique avec ses offices, matines, laudes, vêpres..., vous visiterez le jardin aux simples et le laboratoire médicinal, vous parcourrez la campagne anglaise semées d'embûches, de voleurs et de soldats avant de rejoindre les marchés, villages et châteaux des contés.

Vous découvrirez ces romans policiers où le crime est silencieux, sans fusillade ni pétarade, dans un décor bucolique.

Un régal.

Pour en savoir plus sur cette période:

Http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_anglaise_(1135-1154)

lire également sur cette même période "les piliers de la terre" de Ken FOLLET

- page 2 de 7 -