LOR'Aline

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lundi 30 novembre 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Mary Ann SHAFFER et Annie BARROWS)

Je le dis d'emblée c'est un coup de coeur, parce que je ne vais pas commencer par cela.

J'ai eu du mal à entrer dans le livre et mes premières impressions: des moments drôles, une forme originale, mais cela manque de fond, une entrée en matière trop longue... ont bien failli me faire passer à côté du plaisir de lire et d'avoir lu ce livre.

Le tableau de fond: l'ile de Guernesey pendant la deuxième guerre mondiale sous l'occupation allemande.

La mise en forme des personnages, leur apparition dans le roman, leur consistance se fait par petites touches éparses liées à la forme narrative choisie. Ce roman est mené sous la forme épistolaire, quelque fois l'échange suppose un support plus récent que la lettre postée, transportée et délivrée par le facteur, il ressemble d'avantage à une correspondance par mail.

Toute cette correspondance tourne autour de Juliet.

Au début du roman certains des personnages ne se connaissent pas, petit à petit leur relation va se renforcer et s'intensifier, mais pour cela il faudra attendre que Juliet ait pris sa décision d'aller vers eux. Ce sont ses hésitations, son indécision sur ce qu'elle doit faire qui rendent le début de la lecture un peu long car la correspondance avec ces personnes reste superficielle, empreinte de distance et limitée à un sujet.

Une fois sa décision prise, Juliet va nous embarquer dans son aventure qui la mènera sur des chemins imprévus.

L'humour se fait de plus en plus fréquent au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, comme si au début on était encore plongé dans la torpeur de la guerre et que petit à petit on reprend goût à la vie.

Ne vous découragez pas, vous rateriez un vrai moment de plaisir.

Connaissez-vous ces initiales, O.F.O'F.W.W.?

Ce sont celles d'Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, heureusement qu'on s'en tient seulement à la première et à la dernière initiale !

Message personnel:

Merci Francine et bon anniversaire.

vendredi 20 novembre 2009

Zulu (Caryl FEREY)

"Tu as peur, petit homme? ... Dis: tu as peur?"

L'afrique du Sud aujourd'hui. Après l'apartheid, après la violence de l'apartheid, après Mandela, après la réconciliation et .... C'est peu de dire que la violence est le thème du livre. La violence d'aujourd'hui, des township, des êtres destructurés, drogués, sans espoir et sans avenir. La violence organisée, structurée, ciblée des anciennes forces de pouvoirs politique ou économique. L'auteur les met face à face, en miroir, elles se renvoient la balle. Malgré les commissions de réconciliation, l'histoire de ce pays, l'apartheid, remonte comme un cadavre en décomposition ou comme un mort vivant qui vient imprégner les actes, les attitudes des personnages, victimes, témoins auteurs des faits passés.

Intéressant, car l'Afrique du Sud ne fait plus l'objet de sujet militant comme au temps de l'apartheid. Et pourtant après comme avant la violence est toujours là, elle a pris d'autres chemins.

mardi 20 octobre 2009

Les déferlantes (Claudie GALLAY)

Roman intimiste.

Longue, longue introduction du thème du roman, au début on pense qu'elle plante le décor par cette sorte de zapping d'un personnage à l'autre. Le style d'écriture s'y conforme, phrases courtes, chapitres courts. Une description minutieuse de petits détails, des faits et gestes de chacun, que l'on n'arrive pas à placer dans un cadre général, a quelque chose d'un peu désespérant, exaspérant.

Lorsqu'on découvre le coeur du roman, la bascule de la situation personnelle de la narratrice, personnage central du roman on s'aperçoit que ce zapping révèle son état d'esprit, que c'est une astuce, un dérivatif pour oublier, ne pas penser, ne pas se laisser ronger. Mais est-ce le coeur du roman? Dès qu'on croit l'avoir saisi, elle nous lance sur une autre piste, d'autres vies, vies abîmées.

Ensuite on la suit plus facilement et à peine a-t'on pris possession des personnages, a-t'on compris la mécanique de description de cette situation en "ni-ni", ni bonheur ni malheur, que c'est déjà fini.

Je ne connais pas La Hague, mais on peut se laisser séduire et sûrement trouver une ambiance particulière à ce lieu qui répond et renforce les sentiments des personnages.

lundi 21 septembre 2009

Désolée pour mes quelques lecteurs

Beaucoup de travail en ce moment et donc du retard dans mes petites chroniques. Je vous adresse un petit aperçu de mes dernières lectures.

Les déferlantes de Claudie GALLAY. roman intimiste

Le testament syriaque de Barouk SALAME. thriller théologique

Un homme très recherche de John LE CARRE. espionnage

Tableau noir de Iannis RODER. sociologie de l'école

La conjuration des imbéciles John Kennedy TOOLE. humour

A bientôt.

mercredi 2 septembre 2009

Les Profs (Pica et Erroc)

Vous les reconnaîtrez, ceux que vous aimez, ceux que vous détestez, les jeunes et les vieux, les beaux et les laids, les passionnés, les je m'en-foutiste, les caractériels, les gentils, les allumés. Vous en avez forcément rencontrés.

Je vous chuchote à l'oreille, d'après quelqu'un de l'intérieur, que c'est plutôt bien vu, bien observé.

En tous cas, chez nous, le parent, l'élève et le prof, tout le monde apprécie.

Pour bien démarrer l'année (scolaire, bien sûr), ne vous privez pas!

Une série pleine d'humour sur le métiers d'enseignant  et plus généralement sur l'univers du lycée.

Les premiers numéros sont plus drôles et  plus pertinents, à mon goût.

lundi 24 août 2009

Le Cid (Corneille)

Je ne vous parlerai pas de l'histoire que tout le monde connaît sous sa plus simple expression:
« Ah, qu'il est beau l'assassin de papa! ».


Mais quel est donc ce phénomène peu banal

Qui nous permet maintenant de trouver plaisant

Ce qu'autrefois l'exigence professorale

Réussissait à nous rendre plus que chiant.

Voici quelques citations célèbres de cette pièce de théâtre. Dans quel ordre apparaissent-elles dans le récit et qui les prononce?

a- « Mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années »

b- «  O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!

N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? »

c- « Va, je ne te hais point »

d- « Sous moi donc, cette troupe s'avance

Et porte sur le front une mâle assurance.

Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port »

e- « A moi, comte deux mots »

f- « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »

g- « Rodrigue as-tu du cœur? »

Rappel des personnages principaux:

Chimène et Rodrigue: les amoureux,

Don Gomès: comte de Gormas, père de Chimène

Don Diègue: père de Rodrigue

Don Fernand: roi de Castille

Doña Urraque: l'infante de Castille

Lisez ou relisez cette pièce de théâtre et trouvez- y un nouveau plaisir

mercredi 15 juillet 2009

Le songe de Scipion (Iain PEARS)

Avez-vous déjà essayé de faire un scoubidou rond? Et bien ce roman est construit comme un entrelacs de trois fils qui se croisent et se trament, contribuant à la construction d'un objet qui paraît monolithe mais qui laisse deviner ces différentes composantes.

Trois époques où la civilisation chancelle, où les repères deviennent flous, les amarres se rompent, brisées par la peur que suscite l'horreur des invasions barbares qui précipite la chute de l'empire romain (475), de l'épidémie de peste qui décime les populations (1350) et de la deuxième guerre mondiale qui assassine, tue, torture (1940).

Comment ne pas faire le lien entre la peste noire et la peste brune ?

Trois personnages: Julien, Olivier et Manlius, chacun cherchant la pensée, l'essence du précédent.

Comment chacun s'inscrit-il dans son époque? L'auteur nous présente d'une part les réactions des organismes étatiques face à la déliquescence de la civilisation et d'autre part les actions et réactions des individus. Au delà de la description historique, l'auteur nous interroge sur la compromission : jusqu'où le compromis reste honorable? à partir de quand bascule t-il dans la collaboration et ensuite dans la complicité? Il interroge également sur les modes de déterminations et les circonstances des choix que l'on peut faire.

Il nous interpelle également sur le sacrifice de quelques uns qui justifierait la sécurité du plus grand nombre. Mais poser la question en ces termes, n'est-ce pas un leurre?

L'humanité toute entière n'est-elle pas atteinte par l'humiliation et la négation de quelques-uns?

Je vous laisse découvrir comment chacun agit, s'interroge et finalement découvre ses erreurs.

Ces interrogations ne sont qu'un aspect, c'est aussi un roman de la vie dans toutes ses composantes:

amour, actions, réflexions.

Original, intéressant et finalement on se laisse absorber par la trame de ce roman.

jeudi 25 juin 2009

A quand les bonnes nouvelles? (Kate ATKINSON)

« La chaleur qui s'élevait du macadam semblait emprisonnée par les hautes haies qui les dominaient comme des remparts. »

Comme à son habitude, Kate ATKINSON nous présente une série de « gueules cassées » par des crimes sordides.

Son humour parvient à les reconstruire en leur donnant un air à peine « fêlées ».

Un déraillement de train et elle nous jette dans le chaos qui s'en suit.

Elle prend, un malin plaisir à nous suborner en entretenant sans cesse la confusion: le couple Hunter est toujours nommé par Mr Hunter et le Dr Hunter, la nounou est une enfant ou l'enfant est une nounou, elle introduit une substitution de policier et de criminel, elle mélange les sentiments non avoués et présente un chassé-croisé de mariages regrettés.

Je vous laisse au plaisir de découvrir et détricoter tous les fils de cette nouvelle histoire.

lundi 15 juin 2009

Globalia (Jean-Christophe RUFFIN)

« Il était six heures moins cinq quand Kate arriva à la nouvelle salle de trekking. »

L'imagination a pour racine la réalité.

L'auteur nous entraîne avec humour et une logique implacable vers la société de demain. Le formatage de la pensée, la bibliothèque des comportements, tout est répertorié, tout est sous contrôle, même la contestation. Tout?

Vous plongerez dans ce roman et y nagerez comme un poisson dans l'eau parce que vous vous y reconnaîtrez et y trouverez votre place. On sourit, « jaune » quelquefois.

Une occasion de s'interroger sur nos propres comportements, mais on est finalement assez content de s'évader de ce monde là, de sortir de la bulle, de remonter à la surface en retrouvant la réalité avec le désir de modifier l'avenir et le destin que l'auteur nous a décrit.

vendredi 5 juin 2009

Quand la vie des autres déborde ...

J’étais déjà assise quand il est monté dans le train. Plongée dans mon bouquin, petit à petit je suis prise dans le volume sonore de sa conversation qui allait crescendo. Sans vouloir écouter, ni comprendre ce qu’il dit, je sens bien qu’il en a après sa femme, qu’elle se lamente et qu’il est de plus en plus énervé, soudain:

« - de toute façon, c’est de TA faute si notre fils est un PEDE »   huuuuuuuuuuuuuuuurrrle t-il en raccrochant

Putain de vie de famille !

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