Ainsi soit-elleJe n'avais pas envie d'écrire un roman.

Torturées, mutilées, meurtries, humiliées, méprisées telle est la longue histoire de l'oppression des femmes. Trente ans après ma première lecture, je constate que ce livre a pris quelques rides, mais hélas pas suffisamment à mon goût.
La situation des femmes a évolué. Elle a à la fois progressé et régressé.
Les propos agressifs, insidieux, ironiques ou cyniques tenus par certains hommes célèbres pour justifier la nécessaire soumission des femmes, prennent un tour particulièrement comique tant ils paraissent aujourd'hui, décalés, d'un autre siècle les rendant par là ridicules. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés sur la place des femmes, (ne parle t-on pas aujourd'hui du plafond de verre?) l'indispensable féminité qui doit émaner d'elles et les qualités de mère et d'épouse qu'elles doivent prouver n'existent plus, mais ils sont moins répandus. Il y a de plus en plus de femmes qui ont à cœur de réaliser et mener à bien leur vie, leurs propres désirs en toute liberté, indépendance et autonomie, et le font naturellement. Il y a de moins en moins d'hommes qui souhaitent partager la vie d'une femme limitée aux seules fonctions de mère et d'épouse, de "soit belle et tais-toi". Beaucoup ont compris que l'on partage mieux et plus lorsqu'enfin, on reconnaît l'autre pour ce qu'il est: un être humain, ni supérieur, ni inférieur et pour ce qu'elle est: un être humain, ni inférieur, ni supérieur.
Voilà pour les progrès, ils se sont produits comme un envahissement progressif dans les esprits des femmes et des hommes.Mais c'est une vision très partielle de ces progrès, très européenne, je ne suis pas sûre que ce soit le cas dans d'autres pays dans le monde.
Et même autour de moi, je constate une régression pour d'autres femmes avec un regain du religieux dans la vie publique (Cf "Un voile sur la république")

A lire et a relire.