La conjuration des imbéciles (John Kennedy TOOLE)
Par Aline le mercredi 30 décembre 2009, 18:16 - roman - Lien permanent
L'image de la couverture
est très représentative de l'esprit du texte.
Humour à la Marx Brothers, décalage du propos, où le bon sens paraît idiot. Humour visuel, clownesque, de ce gros bonhomme dont l'obésité se situe à tous les étages. D'abord une monstruosité physique, dégoulinante capable de s'enfiler et de déglutir des kilomètres de saucisses, mais aussi une "obésité verbale" qui se répend: il parle, crie éructe, glapit, geint dans une logorrhée inépuisable, enfin, une capacité absorbante et débordante à engloutir, aspirer les idées des autres pour les détruire et régurgiter LA vision du monde, la sienne.
Tout ceci laisse le lecteur à la fois souriant devant la comédie, mais aussi désarçonné face à la tragédie de cet être inadapté.
Un humour des mots traité avec un vocabulaire du registre soutenu pour une logique de construction d'un raisonnement fantasque.
Au passage, on y lit toute une peinture des Etats-Unis des années 60.
Je cite une partie de la préface car elle fut l'un des éléments déterminant pour engager la lecture de ce livre:
"La meilleure façon de présenter ce roman - qui m'a laissé pantois, plus encore à la troisième lecture qu'à la première- est peut être de raconter comment il m'est parvenu. En 1976, alors que j'enseignais à Loyola, une femme que je ne connaissais pas me contacta par téléphone. Son propos était inattendu. Elle n'avait pas écrit deux chapitres d'un roman et ne désirait pas s'inscrire à mes cours. Non. Son fils, qui était mort, avait écrit un roman tout entier au début des années soixante, un gros roman, et elle voulait que je le lise....."
Commentaires
En le lisant, je me suis ennuyée, ce qui n'est pas bon signe. Je n'ai pas réussi à m'intéresser au personnage principal.