" Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l'apathie."

Je veux me suicider, tu veux te suicider, il veut se suicider, nous voulons nous suicider. Comment pourrions nous le faire ensemble? Tel est le thème du livre. La recherche de la mise en place de cet objectif commun se fait comme on monte une entreprise et de là naît l'ambiguïté du discours et de l'action. L'aide que l'on veut apporter aux suicidaires va t-elle leur permettre de réaliser leur souhait ou au contraire le réfréner? Pas de suicide individuel mais destin vers un suicide collectif, toujours repoussé. Le discours servi est  à la fois un pousse-au-crime et un empêchement à mener l'action jusqu'au bout.

L'emploi quasi constant du passé simple donne un ton détaché au texte. Allié à l'ambiguïté du propos, on sent poindre l'ironie.

Je ne sais pas pourquoi cela m'a fait penser à une phrase de ou prêtée à Clémenceau: "Quand je veux enterrer un problème je crée une commission". En écrivant cette phrase, je me rend compte que je n'ai pas pris au sérieux la détermination affichée des personnages à vouloir se suicider. Surtout dès lors que le sujet devient objet de réflexion, que chacun s'exprime sur sa manière de voir, qu'il faut négocier sur le mode opératoire, on parle, on parle on parle et pendant ce temps là on ne fait rien. Mais peut être est-il justement urgent de ne rien faire?

Une histoire originale et un propos acide où l'humour n'est pas en reste pour un plaidoyer anti-suicide.