LOR'Aline

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dimanche 3 janvier 2010

En chemin elle rencontre...

Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes

Pfoufouou... et nous sommes au XXIème siècle...!!

D'autant plus violent, brutal, déroutant, déconcertant, révoltant qu'il est bref.

Un cri, un hurlement.

Un livre militant, à lire, à faire lire, à offrir, à répandre autour de vous

avec le soutien d'Amnesty International

et pour en savoir plus http://www.desrondsdanslo.com/EnChemin.html

dimanche 20 décembre 2009

Mon évasion (Benoite GROULT)

C'est un livre de jouvence.

Évidemment que le thème est celui du combat des femmes pour leur dignité et l'égalité des droits. Elle y retrace à travers sa propre expérience, le conformisme social qui était le sien avant cette prise de conscience qui l'a menée à son émancipation. Il ne s'agit pas seulement de soulever un joug extérieur mais aussi, et c'est cela le plus difficile, de s'émanciper de ses propres comportements, de ses visions conformistes de l'ordre social quand tout autour de vous vous y renvoie.

Je voudrais attirer l'attention sur le passage concernant la féminisation des noms de métiers.

Cela paraît futile et pourtant il concerne au delà des métiers, tout le vocabulaire utilisé quotidiennement et qui véhicule l'image, le statut , le rôle des femmes dans la société.

L'émission Arrêt sur images,dans un article du 9 octobre 2008 de Anne-Sophie Jacques,

propose une petite expérience avec les mots « expert» et « experte », c'est édifiant. On voit bien qu'il y a encore à dire et à redire et hélas le sujet n'est pas encore tombé en désuétude.

vendredi 12 décembre 2008

Les années (Annie ERNAUX)

"Toutes les images disparaîtront."

En quatrième de couverture on trouve ce propos:  « elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective ». C'est exactement cela. Bien qu'un peu plus jeune que l'auteur, je retrouve les choses, les expressions, les mots, les préjugés, les jugements, les envies, les projets, les on dit, les qu'en dira t-on, les ambiances, les lumières, les couleurs, les sons, les hontes, les devoirs, les révoltes, ... de ce que j'ai moi-même vécu. On pourrait presque s'approprier ce texte pour en dresser sa propre biographie.

Annie Ernaux nous entraîne dans une spirale de photos, d'images qui nous reviennent comme le film de notre vie, du temps qui est passé. Non pas de notre vie personnelle, qui se pense en un « je » unique, mais de celle que nous avons vécue au côté des autres comme autant de « je » semblables qui forment les « nous » de la famille, des camarades de classes, des amis, des collègues, dans les évènements qui se déroulent avec ou sans nous et qui feront l'objet ou pas de l'histoire de notre époque. On est pris dans ce tourbillon du temps. C'est un album photo de mots.

Elle y retrace cette trajectoire personnelle dans ce qu'elle a d'intemporel et de contemporain.

On retrouve les sentiments et le regard sur l'extérieur en fonction de son âge, comme une respiration au rythme du temps qui passe. Le premier souffle, celui de l'insouciance de l'enfance. Après l'attente dans laquelle on piaffe d'impatience à l'adolescence, la grande inspiration et l'ouverture dans l'espoir et l'envie des grandes choses, la conquête de l'avenir au tout début de sa vie de jeune adulte. Vient ensuite une expiration en forme de repli, pour se recentrer sur la préoccupation d'insuffler la vie, de faire grandir les corps et les coeurs, de transmettre des valeurs. Une nouvelle inspiration lorsque notre regard se détache de ce qui a fait notre quotidien que l'on n'a même pas vu passer, inspiration qui donne le sentiment de pouvoir rejouer, pour compléter ou rectifier la première donne. Et enfin une expiration lente, retenue jusque vers la fin de vie.

L'inscription dans le siècle est mise en évidence par l'appropriation des choses, les actions rendues possibles par l'évolution des moeurs, les idées, les luttes ou les abandons subordonnés aux événements qui se déroulent sous nos yeux, près de chez nous ou à l'autre bout du monde.

La forme un peu déroutante mais originale présente les faits et les événements toujours à l'imparfait, on avance à reculons. Cela donne au début un côté nostalgique, mais à l'approche de la fin de ce livre qui a traversé 65 ans de son existence, cela prend une tonalité un peu désespérante, car il n'y a plus d'avenir à bâtir, juste un présent que l'on veut essayer de conserver au mieux.

J'ai beaucoup apprécié ce livre, il n'est pas seulement destiné aux personnes de la même génération que l'auteur, si vous souhaitez connaître un peu de votre mère en tant que femme, prenez le temps de le lire, vous y apprendrez des choses sur elle et peut être sur vous également.

mercredi 19 novembre 2008

Le musée de l'homme (David ABIKER)

Le_musee_de_l_homme.jpgComme Archimède qui découvrit la célèbre poussée dans son bain ou Isaac Newton qui comprit les lois de la gravité en prenant une pomme sur la poire, j'ai eu l'intuition que j'allais disparaître à la suite d'un événement apparemment anodin.

Pas facile de qualifier ce livre, une fois que l'on a dit qu'il était désopilant. Drôle, oui, mais un humour qui invite à la réflexion. Au fur et à mesure que ce père de famille investit les rôles jusque là attribués aux femmes, épouses, mères, on voit bien qu'il y a des avantages acquis qui se perdent. Un montage du récit qui met en négatif la situation des uns et des unes et les rend parfaitement réversibles. On ne sait pas si l'humour réside dans la situation d'appropriation par l'homme du rôle habituellement attribué à la femme, de sa maladresse dans ce rôle ou de la découverte de ce qu'il aurait préféré ignorer s'il en avait connu les conséquences.
Lu après « Ainsi soit-elle» de Benoîte GROULT, j'en apprécie tout le chemin parcouru par les hommes pour atteindre enfin l'égalité .

mardi 11 novembre 2008

Ainsi soit-elle (Benoite GROULT)

Ainsi soit-elleJe n'avais pas envie d'écrire un roman.

Torturées, mutilées, meurtries, humiliées, méprisées telle est la longue histoire de l'oppression des femmes. Trente ans après ma première lecture, je constate que ce livre a pris quelques rides, mais hélas pas suffisamment à mon goût.
La situation des femmes a évolué. Elle a à la fois progressé et régressé.
Les propos agressifs, insidieux, ironiques ou cyniques tenus par certains hommes célèbres pour justifier la nécessaire soumission des femmes, prennent un tour particulièrement comique tant ils paraissent aujourd'hui, décalés, d'un autre siècle les rendant par là ridicules. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés sur la place des femmes, (ne parle t-on pas aujourd'hui du plafond de verre?) l'indispensable féminité qui doit émaner d'elles et les qualités de mère et d'épouse qu'elles doivent prouver n'existent plus, mais ils sont moins répandus. Il y a de plus en plus de femmes qui ont à cœur de réaliser et mener à bien leur vie, leurs propres désirs en toute liberté, indépendance et autonomie, et le font naturellement. Il y a de moins en moins d'hommes qui souhaitent partager la vie d'une femme limitée aux seules fonctions de mère et d'épouse, de "soit belle et tais-toi". Beaucoup ont compris que l'on partage mieux et plus lorsqu'enfin, on reconnaît l'autre pour ce qu'il est: un être humain, ni supérieur, ni inférieur et pour ce qu'elle est: un être humain, ni inférieur, ni supérieur.
Voilà pour les progrès, ils se sont produits comme un envahissement progressif dans les esprits des femmes et des hommes.Mais c'est une vision très partielle de ces progrès, très européenne, je ne suis pas sûre que ce soit le cas dans d'autres pays dans le monde.
Et même autour de moi, je constate une régression pour d'autres femmes avec un regain du religieux dans la vie publique (Cf "Un voile sur la république")

A lire et a relire.

dimanche 29 juin 2008

Un voile sur la république (Michèle VIANES)

un voile sur la république Depuis trois mille ans, les hommes de pouvoir ont utilisé la crédulité pour asseoir leur puissance, pour construire des hiérarchies, en particulier celle qui leur a permis de dominer les femmes.

Cinq ans après la loi sur le voile qui a agité la société française, je lis ce livre qui a été écrit dans le feu des discussions et polémiques de cette fin d'année 2003.
Un rappel historique du voilement de la femme mais également de sa longue oppression. Lorsque le port du voile est subi, il est naturellement révoltant mais peut-il être un attribut contestataire? Paradoxe d'une contestation qui conduit à la régression du statut des femmes au sein de la société. Si aujourd'hui, le débat semble apaisé, en tout cas incontesté au niveau de l'école et des administrations en France, n'oublions pas les autres pays où les intégristes de toutes religions poursuivent leur entreprise d'asservissement.
Je ne peux m'empêcher de m'offusquer, de « pester », de me sentir atteinte dans ma dignité de femme lorsque je croise de plus en plus de femmes voilées. Ce livre reste donc d'actualité.

A retenir: "Mais, là où il y a oppression des femmes il n'y a pas de liberté pour les hommes" (citation modifiée ,p25) " Être sans corps, ou corps sans être, telle est la question?"(p 94)