LOR'Aline

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lundi 30 novembre 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Mary Ann SHAFFER et Annie BARROWS)

Je le dis d'emblée c'est un coup de coeur, parce que je ne vais pas commencer par cela.

J'ai eu du mal à entrer dans le livre et mes premières impressions: des moments drôles, une forme originale, mais cela manque de fond, une entrée en matière trop longue... ont bien failli me faire passer à côté du plaisir de lire et d'avoir lu ce livre.

Le tableau de fond: l'ile de Guernesey pendant la deuxième guerre mondiale sous l'occupation allemande.

La mise en forme des personnages, leur apparition dans le roman, leur consistance se fait par petites touches éparses liées à la forme narrative choisie. Ce roman est mené sous la forme épistolaire, quelque fois l'échange suppose un support plus récent que la lettre postée, transportée et délivrée par le facteur, il ressemble d'avantage à une correspondance par mail.

Toute cette correspondance tourne autour de Juliet.

Au début du roman certains des personnages ne se connaissent pas, petit à petit leur relation va se renforcer et s'intensifier, mais pour cela il faudra attendre que Juliet ait pris sa décision d'aller vers eux. Ce sont ses hésitations, son indécision sur ce qu'elle doit faire qui rendent le début de la lecture un peu long car la correspondance avec ces personnes reste superficielle, empreinte de distance et limitée à un sujet.

Une fois sa décision prise, Juliet va nous embarquer dans son aventure qui la mènera sur des chemins imprévus.

L'humour se fait de plus en plus fréquent au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, comme si au début on était encore plongé dans la torpeur de la guerre et que petit à petit on reprend goût à la vie.

Ne vous découragez pas, vous rateriez un vrai moment de plaisir.

Connaissez-vous ces initiales, O.F.O'F.W.W.?

Ce sont celles d'Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, heureusement qu'on s'en tient seulement à la première et à la dernière initiale !

Message personnel:

Merci Francine et bon anniversaire.

mardi 21 avril 2009

Un monde sans fin (Ken FOLLET)

Nous voilà revenu, deux cents ans après la construction de la cathédrale de Kingsbridge sur les lieux de son roman "Les piliers de la terre". Ce nouveau roman est exactement de la même veine, mais cette fois-ci, c'est la construction d'un pont qui est l'enjeu de la bataille des marchands de la ville contre la toute puissance du prieuré.

Plus que sur la saga en elle-même qui s'étire de 1327 à 1361 et que j'ai suivie avec avidité, je m'attarderai sur le titre.

Pourquoi un tel titre? Serait-ce parce que le renforcement d'une rigueur religieuse résonne d'un échos particulier aujourd'hui? Serait-ce parce que les sentiments des hommes , la haine, l'amour, l'ambition et leurs conséquences, la violence, la guerre, la duplicité, la solidarité ou la compassion, restent identiques aujourd'hui? Serait-ce parce la peur de l'inconnu suscite des inquiétudes, tout comme aujourd'hui?

Aujourd'hui qui est l'avenir de cette époque nous semble pareil à ce passé.

Cette époque qui est notre passé nous renvoie beaucoup de "contemporainité".

Ainsi se forment des références circulaires qui tournent et renvoient à un monde sans fin.

Les piliers de la terre (Ken FOLLETT) roman historique

Vous saurez tout de la construction des cathédrales, du passage du style roman au style gothique, des bâtisseurs architectes, des maçons ingénieurs, des artisans artistes dans ce roman monumental. Tous les détails sont instillés au long de ce récit qui nous livre les rivalités entre ecclésiastiques, des familles nobles, des acteurs du pouvoir séculier, les guerres civiles et les histoires d'amour.

Une fresque historique qui nous emporte dans la tourmente de l'Angleterre du 12ème siècle.

vendredi 12 décembre 2008

Les années (Annie ERNAUX)

"Toutes les images disparaîtront."

En quatrième de couverture on trouve ce propos:  « elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective ». C'est exactement cela. Bien qu'un peu plus jeune que l'auteur, je retrouve les choses, les expressions, les mots, les préjugés, les jugements, les envies, les projets, les on dit, les qu'en dira t-on, les ambiances, les lumières, les couleurs, les sons, les hontes, les devoirs, les révoltes, ... de ce que j'ai moi-même vécu. On pourrait presque s'approprier ce texte pour en dresser sa propre biographie.

Annie Ernaux nous entraîne dans une spirale de photos, d'images qui nous reviennent comme le film de notre vie, du temps qui est passé. Non pas de notre vie personnelle, qui se pense en un « je » unique, mais de celle que nous avons vécue au côté des autres comme autant de « je » semblables qui forment les « nous » de la famille, des camarades de classes, des amis, des collègues, dans les évènements qui se déroulent avec ou sans nous et qui feront l'objet ou pas de l'histoire de notre époque. On est pris dans ce tourbillon du temps. C'est un album photo de mots.

Elle y retrace cette trajectoire personnelle dans ce qu'elle a d'intemporel et de contemporain.

On retrouve les sentiments et le regard sur l'extérieur en fonction de son âge, comme une respiration au rythme du temps qui passe. Le premier souffle, celui de l'insouciance de l'enfance. Après l'attente dans laquelle on piaffe d'impatience à l'adolescence, la grande inspiration et l'ouverture dans l'espoir et l'envie des grandes choses, la conquête de l'avenir au tout début de sa vie de jeune adulte. Vient ensuite une expiration en forme de repli, pour se recentrer sur la préoccupation d'insuffler la vie, de faire grandir les corps et les coeurs, de transmettre des valeurs. Une nouvelle inspiration lorsque notre regard se détache de ce qui a fait notre quotidien que l'on n'a même pas vu passer, inspiration qui donne le sentiment de pouvoir rejouer, pour compléter ou rectifier la première donne. Et enfin une expiration lente, retenue jusque vers la fin de vie.

L'inscription dans le siècle est mise en évidence par l'appropriation des choses, les actions rendues possibles par l'évolution des moeurs, les idées, les luttes ou les abandons subordonnés aux événements qui se déroulent sous nos yeux, près de chez nous ou à l'autre bout du monde.

La forme un peu déroutante mais originale présente les faits et les événements toujours à l'imparfait, on avance à reculons. Cela donne au début un côté nostalgique, mais à l'approche de la fin de ce livre qui a traversé 65 ans de son existence, cela prend une tonalité un peu désespérante, car il n'y a plus d'avenir à bâtir, juste un présent que l'on veut essayer de conserver au mieux.

J'ai beaucoup apprécié ce livre, il n'est pas seulement destiné aux personnes de la même génération que l'auteur, si vous souhaitez connaître un peu de votre mère en tant que femme, prenez le temps de le lire, vous y apprendrez des choses sur elle et peut être sur vous également.

jeudi 27 novembre 2008

Le vieux qui lisait des romans d'amour (Luis SEPULVEDA)

le_vieux_qui_lisait_des_romans_d_amour.jpgLe ciel était une panse d'âne gonflée, qui pendait très bas, menaçante, au dessus des têtes.

Luis Sepulveda nous conduit dans cette forêt amazonienne tel un anthropologue. Son héros est en parfaite symbiose avec son environnement, ce qui donne à ce roman une légère touche écologiste.

« Le ciel était une panse d'âne gonflée,qui pendait très bas, menaçante, au dessus des têtes. » Cette première phrase, n'est-elle pas délicieuse? Le voyez-vous ce nuage gris, gros, épais, velu? Cette première phrase, on la lit plusieurs fois et on la lit même à haute voix. Ce roman est émaillé d'images semblables.
J'ai tellement apprécié ce texte que j'ai fait traîner la lecture, je relisais plusieurs fois les mêmes paragraphes. C'est la deuxième fois que je prends ce livre en main et je pense que ce ne sera pas la dernière.
Alors vous aussi, glissez-vous avec volupté entre les lignes et voguez sur les mots de ce petit livre.

mardi 2 septembre 2008

Chagrin d'école (Daniel PENNAC)

Chagrin d'école Commençons par l'épilogue: Maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu'elle connaît bien.

Daniel PENNAC nous fait partager ses moments de vie à l'école en tant qu'élève et en tant que professeur.
J'y arriverai pas, telle est la complainte de l'élève malheureux, alors laissez vous surprendre par ce «Y» que l'auteur tend comme un verre vide qu’il remplit d’un flot de questions et de sens. Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse les mots, les phrases qui vous entraînent dans un cours de grammaire comme vous n’en avez jamais vécu.
Un livre à mettre entre toutes les mains, à ouvrir sous tous les yeux: parents, élèves, profs, anciens élèves et futurs profs. Et pour les futurs enseignants, indispensable surtout s'ils ont été bons élèves.

Pour la petite histoire: ce livre a obtenu le prix Renaudot alors qu'il ne figurait pas dans la sélection.

dimanche 17 août 2008

Millénium (Stieg LARSSON)

MilléniumLes hommes qui n’aimaient pas les femmes (Millénium 1)
La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette (Millénium 2)
La reine dans le palais des courants d'air (Millénium 3)

C'était maintenant devenu un événement annuel.
STIEG LARSSON a un sens du récit qui tient en haleine, à tel point que j’ai enchaîné la lecture des trois tomes comme s’il ne s’agissait que d’un seul volume. Ces livres ont un rythme: la lecture débute assez tranquillement par la mise en place des personnages et des environnements, soudain on est littéralement happé par le récit. Le lecteur a un temps d'avance sur le personnage qui ne va pas trouver la situation à laquelle il s'attend mais le lecteur non plus, et c'est là que réside le tour de force de l'auteur.
Je ne vous parlerai pas de l'histoire, pour ne pas vous priver du moindre plaisir de l'intrigue, mais vous découvrirez Stockholm et les institutions suédoises.
Deux enquêteurs, un journaliste, personnage assez classique et sympathique, et une « hacker » de génie (pirate informatique, pour les non initiés) au profil psychologique surprenant et intéressant. Plusieurs milieux sont épinglés: les grandes entreprises multinationales, la presse, la police secrète, les milieux médicaux. A travers la critique de certains personnages, des questions sont posées sur les libertés individuelles, la protection des personnes et de la société, la raison d'état, jusqu'où peut-on aller ou jusqu'où ne faut-il pas aller sans remettre en cause la démocratie?
La fin du deuxième tome est cependant un peu déroutante, en raison d'un dérapage sur la crédibilité. On se précipite malgré tout sur le troisième, on s’attache aux enquêteurs, surtout à Lisbeth.
Un succès international et ce n'est plus la peine de se demander pourquoi. N'attendez pas!

dimanche 22 juin 2008

Neige (Maxence FERMINE)

Neige (Fermine) Yuko Akita avait deux passions.

Je viens de le lire deux fois d'affilée avec délice et après plusieurs tentatives pour exprimer mes sentiments, je ne trouve toujours pas les mots pour décrire ce conte poétique japonais.
Amour, art, pureté, poésie dans une quête d'absolu.
A l'aube de sa vie, un jeune homme part à la recherche du maître qui lui apprendra l'art absolu.
Au crépuscule de sa vie, un vieil homme recherche toujours la pureté.
Quand ils se rencontrent on ne sait plus qui est le maître, qui est le disciple. Il n'y a plus que deux êtres unis dans la continuité de l'art et de l'amour.

A lire et relire sans modération, par pure gourmandise.