Il y a du monde dans la rame, comme tous les soirs à la même heure. Aux places habituellement réservées aux invalides de guerre, aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes accompagnées d’enfant, deux enfants non accompagnés sont en train de tester leurs feutres et leur signature sur les dossiers du métro.
Je sens bien qu’autour de moi, on ne dit rien, mais on n’en pense pas moins.
Enveloppée dans la dignité que me confère mes cinquante piges j’ose prononcer :
- Et alors ? Pourquoi, écris-tu sur les sièges ? (N'est-ce pas poliment dit ?)
- Parce que ….me répond-il. Eh, eh, regarde, putain j’arrive pas à faire ce tag, je vais changer de couleur, dit-il à celui qui doit être son pote.
- Ce n’est pas très propre, insistai-je. (C'est carrément degueu, oui !)
- Orf, pô grave
- Et tu aimerais qu’on vienne chez toi écrire sur les murs de ta chambre ? (Et si je viens passer un coup de bombe sur les murs de ta carré, ça va te plaire?)
- Non, et alors, il est à toi le tromé ?
Il venait enfin de lever la tête et me regardait avec un air d’incompréhension qui semble dire mais qu’est-ce qu’elle a la vieille, c’est même pas ma mèèèère
Je me pince les lèvres pour éviter le jaillissement d’un « PETIT CON » qui se transforme en:
- Oui, mais pas que…